Les symptômes ne permettent pas à eux seuls d’émettre un pronostic sur
la santé future d’un patient.
Ce pronostic est approché par leur regroupement en syndromes
et maladies, puis par la connaissance de l’histoire naturelle de ceux ci.
Si l’étude de cette histoire naturelle a été envisagée pour les
maladies chroniques, la signification pronostique des pathologies fonctionnelles a été négligée, soit en raison de leur variabilité, soit suite à leur
conclusion par un acte chirurgical qui semble y mettre fin.
L’histoire naturelle des maladies est statistiquement connue car elle
représente l’évolution d’une partie de l’organisme, repérée par le
processus lésionnel qui s’y déroule. Cette partie correspond à un type
cellulaire.
Cette partition n’existe pas dans les pathologies
fonctionnelles.
Il s’agit dans ce cas du dysfonctionnement d’une chaîne réactionnelle
non spécifique d’un type cellulaire ou d’un système de régulation se
traduisant dans les deux cas par des manifestations plus ou moins diffuses dans
l’organisme.
Il faudrait alors envisager l’étude statistique de
l’évolution de l’ensemble des types cellulaires en interaction (environ
200) ce qui s’avère inextricable.
La signification pronostique des pathologies
fonctionnelles n’est donc qu’un problème d’échelle (temps et espace) mais elle
existe !
Son étude nécessite de se donner un autre point de repère que la lésion
tissulaire, c’est à dire descendre au niveau inférieur du processus :
Niveau de la biologie fonctionnelle.
On va utiliser cette biologie selon une
méthode opérationnelle. Une telle méthode ne vise pas à avoir un modèle
parfait, mais au contraire perfectible, et se limite à la découverte de
méthodes prédictives permettant d'agir sur l'équilibre biologique même si sa
complexité ultime n'est pas atteinte. La complexité de cet équilibre
biologique a pour fondement la théorie des systèmes, ce qui justifie
d'ailleurs l'utilisation de cette méthode opérationnelle (cf. supra).
Cette méthode permet en effet de
contourner l'obstacle de la complexité de la physiologie d'un être envisagé
dans sa globalité, complexité encore amplifiée par la variabilité
phénotypique.
Le développement des profils biologiques associés à des sérologies
virales et à des prélèvements plus spécifiques (renseignant sur l'état loco-régional), réalisés en fonction de la
nécessité de se donner des points de repère constituent une telle méthode.