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Mécanisme de la surcharge fonctionnelle.
L’organisation d’un
ensemble de symptômes en une maladie
La charge fonctionnelle, puis la surcharge ou adaptation dépassée, sont la contrepartie du mode de communication interne particulier de nos cellules qui permet de nous adapter à des environnements variés. Tout commence par les mécanismes nécessaires pour faire fonctionner une cellule minimale (300 gènes environ, sur 30000 à 50000, essentiellement métabolisme et production de radicaux libres) et se poursuit avec ceux qui vont la différencier en raison de son instabilité potentielle. Cette différenciation faisant alors de nous des êtres multicellulaires, nous a rendus capables, grâce à la spécialisation de chacun des types cellulaires (environ 250) de décomposer et discriminer, tels des prismes, l’ensemble des éléments de notre environnement intérieur et extérieur (température, pression, molécules, microbes, formes, etc…..). Cette différenciation fait partie de l’Évolution décrite par Darwin : tous les types cellulaires du monde vivant sont issus de la même cellule minimale. L’Histoire de cette Évolution a été mémorisée dans le Livre global de l’ADN du Vivant, histoire bien plus riche que la seule succession de ce qui est décrit encore pour l’instant sous le nom de gènes ! C’est cette Histoire et cette parenté entre cellules qui établit la topographie de nos territoires différenciés et construit un être différent d’une simple coopération entre cellules différentes (symbiose).
L’individu et son environnement
Cette topographie débute par la mise en place de notre forme par l’embryogenèse ou morphogenèse, forme qui fixe les gradients de concentration des facteurs cellulaires dont les interactions vont être à l’origine de la 2é étape de différenciation : foetogenèse ou organogenèse. Cette différenciation initiale, génétiquement déterminée, aboutit à l’archétype de l’espèce. A la naissance, débute l’individuation par l’intégration continue des stimuli de l’environnement (flore bactérienne intestinale et aliments en premier, stimuli cognitifs en fin d’échelle évolutive). Cette intégration, qui passe nécessairement par les voies préétablies par la différenciation génétique, est une adaptation continue de ces voies biologiques. L’individuation est ainsi une différenciation épigénétique dans la continuité de la précédente.
Le réseau cytoplasmique (constitué des seconds messagers et du cytosquelette), commun à l’ensemble des cellules, permet cette adaptation ou réponse coordonnée de l’organisme grâce aux liens tissés entre les diverses fonctions différenciées de l’individu. Lui seul permet en effet de recomposer un événement externe à partir des diverses composantes perçues par le prisme de la différenciation de nos cellules. Si ce n’était pas le cas, il ne s’agirait que d’une symbiose dont l’adaptation ne serait limitée qu’à un biotope défini. Ces voies convergentes cytoplasmiques établissent ainsi dés sa conception et durant toute son histoire un lien permanent et diffus de l’individu avec son environnement mais aussi avec lui même.
Le modèle expérimental analytique : récepteur spécifique local / réponse spécifique locale utilisé pour décrire les phénomènes à l’échelle microscopique ne décrit donc pas la réalité des faits quotidiens. Dans cette réalité, c’est la perception d’une fluctuation quantitative de ce lien diffus qui va être interprétée alors comme la survenue d’un événement externe mais aussi interne. Si ce réseau cytoplasmique établit une connexion suffisante (mais pas totale) entre nos diverses parties pour nous donner une certaine unité, en contrepartie il en résulte que la charge fonctionnelle d’un système cellulaire est le résultat du cumul depuis la conception non seulement de l’effet de sa fonction propre mais aussi de ses relations avec les autres systèmes de l’organisme.
De la surcharge à la maladie
La différenciation individuelle épigénétique (individuation) amène à la maladie quand elle n’est pas intégrable dans l’organisation biologique de l’espèce: cette intégration nécessiterait un changement du plan de notre organisme, ce serait alors une tentative d’évolution. C’est bien ce qui se produit dans les maladies qui sont des atteintes à notre intégrité! Un ou des mécanismes pathologiques puis une maladie deviennent des «hernies» qui déforment peu à peu jusqu’à la rupture «la surface des sphères presque parfaites» sur laquelle évolue notre biologie: la communication biologique interne se fait en effet à l’infini dans des circuits qui doivent restés bouclés sur eux-mêmes pour y digérer les stimuli externes. Par définition toute différenciation se fait hors créneau de fonctionnement habituel et se fait donc par franchissement de seuil et non de manière progressive. Elle est par contre précédée d’une étape progressive essentiellement inconsciente. L’effet de seuil est du à un mode de communication non linéaire à tous les niveaux : inter-systèmes, intercellulaire et intracellulaire (non linéaire signifie qu’elle entraîne un effet qui n’est pas proportionnel à la cause). Cette non linéarité est due aux membranes basales des organes et aux membranes cellulaires et intracellulaires (50% du poids d’une cellule) semi-perméables qui permettent de limiter la diffusion et de moduler ainsi à la fois les concentrations et les variables temporelles. Pour le niveau cellulaire, elle vient aussi des boucles de rétroaction négatives d’une part et amplificatrices d’autre part. De cet effet de seuil résulte un mécanisme de mémoire qui fait que le retour en arrière ne peut être obtenu que par une action sur la régulation interne de l’organisme.
GlossaireEpigénétique : dont l’information principale n’est pas contenue dans l’ADN. Embryogenèse : démarre après la fécondation et mets en place les formes d’où son synonyme, morphogenèse. Organogenèse : mise en place des organes, suit la morphogenèse. Radicaux libres : petites molécules très réactives et donc agressives. Second messager : se dit des molécules relayant les messages membranaires. Cytosquelette : réseau tubulaire du cytoplasme. Biotope : zone ou cohabitent par interactions de multiples organismes. Symbiose : dépendance vitale entre plusieurs organismes. Gradient : évolution de la concentration d’une substance émise à partir d’une source.
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