Du symptôme à la maladie
et ses formes cliniques.
L’attitude préventive
personnalisée
est le résultat d’une réflexion complexe pour le patient et le médecin
prenant en compte les symptômes aussi bien que les éléments dissimulés.
Le petit Larousse définit le symptôme comme «un phénomène
qui révèle un trouble fonctionnel ou une lésion», il étend cette définition
au sens figuré à un indice ou un présage.
Les symptômes sont l’émergence, dans la conscience d’un
individu, d’une surcharge fonctionnelle. Ils informent que sa capacité
d’adaptation spontanée et inconsciente est dépassée. L’information de cette
surcharge au niveau corporel autre que le tissu neurologique (qui n’est pas
innervé), reconnue par le système nerveux périphérique, en particulier
neurovégétatif, est transmise au cortex cérébral. Celui-ci représentant
l’étage supérieur de la conscience, on peut dire que le caractère conscient
du symptôme en fait une émotion de niveau supérieur.
Cette émotion, motif de consultation, doit amener à une
décision puis à un comportement réfléchi, qui prend en compte la partie
inconsciente de cette surcharge fonctionnelle.
La surcharge fonctionnelle ou adaptation dépassée est
directement liée à l’instabilité potentielle. Celle-ci est la propriété
nécessaire et initiale d’un être vivant, de ses constituants, et notamment
de ses cellules. Elle est la condition pour qu’il puisse s’adapter et aller
de l’avant…
Toutes les structures de l’univers, des ensembles de
particules aux êtres vivants sont parcourues par des interactions internes.
Isolées, elles ne peuvent être stables (perte d’énergie par frottement
interne). Une stabilité transitoire s’acquiert par des échanges avec
l’extérieur, qui permettent de compenser les interactions internes
déstabilisantes. Ces équilibres sont qualifiés d’états stationnaires
dynamiques : la structure est stable à un niveau d’observation, mais siège
d’instabilité dans les niveaux sous jacents d’observation. Nous sommes ainsi
connectés de manière permanente, diffuse et non spécifique avec notre
environnement, seul moyen de nous y adapter.
L’organisation d’un ensemble de symptômes en une maladie
est le résultat d’une surcharge d’une partie de l’organisme, celle-ci se
sur-adapte en échappant de plus en plus à la physiologie et en soumettant
notre organisme à des contraintes de plus en plus fortes.
Le symptôme peut être assimilé à la partie apparente de
phénomènes complexes. Il existe toujours une partie cachée ou inconsciente
même en l’absence de symptôme. Si la question de l’objectivation de la
partie immergée de l’iceberg - surcharge se pose suite à des symptômes, elle
est présente tout au long de la vie d’un individu qui à défaut de tomber
malade vieillit prématurément.
La période de latence moyenne des maladies, période infra
clinique sans symptômes continus, mais pendant laquelle des poussées
symptomatiques peuvent être présentes, est de l’ordre de 15 à 20 ans
Curieusement cette durée est aussi celle de la première étape du
vieillissement pour devenir adulte. Cette latence est fonction de la
cinétique tissulaire locale, c’est à dire de la vitesse de multiplication
des cellules. Elle est de cinq ans pour les cellules sanguines Cette période
doit être mise à profit pour élaborer une prévention personnalisée.
Cette stratégie nécessite deux changements dans la manière
d’envisager les choses.
La motivation du patient ne doit plus être essentiellement
émotionnelle, symptomatique mais basée sur la prise de conscience décidée et
réfléchie d’un risque potentiel futur.
Il s’agit alors de raisonnements évaluant des risques
individuels pour éviter qu’ils ne se concrétisent, et donc pour l’individu
le gain ne peut être tangible : la réalité de la prévision n’est objectivée
que par la faillite de la prévention !
Une bonne prévention empêche la maladie d’apparaître,
comment prouver alors l’effet de cette prévention ?
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