Le concept de profil.
L' aspect global d'un profil biologique, c'est
à dire sa forme, résulte des corrélations existant entre ses paramètres.
Ces corrélations sont à la base de
l’interprétation analytique des profils biologiques et donc de la lecture
des processus physiopathologiques d’un patient.
Ces corrélations débutent par celle existant
entre deux paramètres, ce qui exclue par conséquent certaines possibilités (
voir le schéma ci dessous ), sauf à les expliquer par l’intervention d’un
mécanisme supplémentaire.

Ces corrélations sont de 3 natures principales :
1/ corrélations
physiologiques
elles sont
essentielles surtout dans le profil des acides gras (mais souvent oubliées
dans l'interprétation du profil immuno-biologique) pour construire le raisonnement :
consommation
du complément par la précipitation Ag-Ac.
états
de l’immunité cellulaire.
mécanismes
de désaturation / élongation pour les acides gras.
2/ corrélations
statistiques
avec des mécanismes
physiopathologiques ; si certaines sont connues et établies , la pratique en
a depuis 20 ans détecté de nouvelles dont certaines se sont déjà avérées
expliquées par le progrès des connaissances, avec donc des mécanismes
nouveaux à découvrir :
ferritines
élevées «inexpliquées» en rapport avec l’hépatosidérose dysmétabolique, le
NASH.
inflammations
inexpliquées en rapport avec les troubles de la perméabilité intestinale.
rôle
du virus Epstein Barr/CMV dans certains cancers comme certains types de
cancers du sein.
rôle
du CMV en pathologies cardiovasculaires.
développement
du fibrotest comme test pronostic de l’hépatite C.
Ce type de
corrélations augmente avec le nombre des paramètres et surtout leur
hétérogénéité, elles sont à l’œuvre d’une manière éclatante dans le profil
protéique et ses 19 paramètres.
3/ corrélation directe
entre la forme d’un profil/sous profil et une pathologie ou des états
biologiques:
hépatites
de mécanismes diverses (virale, auto-immune, CBP, cholangite sclérosante,
toxique).
Alignement
des points haptoglobine, alpha-glycoprotéine acide, protéinase inhibitor
signature d’un processus vasculaire.
Les
états du profil immunitaire cellulaire.
Les cinq pièges de l’interprétation des profils
immuno-biologiques:
1/ la biologie (phase
immergée de l’iceberg) étant en avance par rapport à la clinique
et ce
proportionnellement à la cinétique de la phase du processus en cours (de
l’ordre de 5 à 15 ans en prévention primaire, de 1 à 2 ans en prévention
secondaire comme l’éclosion d’une métastase), l’aspect du profil est
corrélé avec le «vieillissement» de la pathologie et donc :
les
perturbations sont exemplaires chez les enfants (et en apparente
contradiction parfois avec l’évolutivité car compensées par leurs capacités
d’anabolisme),
elles
peuvent être fortement atténuées à distance du diagnostic clinique (exemples
de beaucoup de PR en immunodépression voir immunotolérance : la phase
auto-immune est pré clinique !) ou modifiées par le traitement.
La restauration de la
dynamique biologique par un traitement de terrain doit s'accompagner d’un
amélioration clinique et de l’absence de facteurs pronostics biologiques de
mauvais pronostic.
2/ un profil protéique met en
évidence de manière directe les processus systémiques c’est à dire ayant
franchi une membrane basale :
la dysplasie, le
cancer in situ, la tumeur cérébrale débutante, une pathologie endocrinienne
fruste (très régulée par les boucles de rétroactions
hypothalamo-hypohysaires)… doivent être soupçonnées indirectement,
soit
par les processus responsables
soit
par leurs conséquences physiologiques à distance qui ne sont pas alors
quantitativement proportionnelles (exemple d’une hypercholestérolémie par
hypothyroidie fruste avec TSH à 5 à 6).
notamment au niveau du profil d'immunité cellulaire (PIC) qui
peut apporter des éléments si les antigènes en cause sont reconnus : Ag
étrangers, Ag du soi modifiés, absence d'immunotolérance , pas d'échappement
immunitaire.
3/ la plupart des
protéines sont d’origine prépondéramment hépatique
(sauf Ac,
céruléoplasmine ganglionnaire, fibronectine - ferritine - protéinase
inhibitor venant aussi du SRE, alpha 2 macroglobuline venant aussi du SI).
Toute insuffisance
hépatique biologique en relation immédiate avec les motifs de consultation
ou séquellaire (comme souvent après une hépatite virale même datant de
l’enfance ou ayant été modérément symptomatique comme l’hépatite A) va faire
chuter ces protéines et donc masquer ou transformer apparemment des
mécanismes.
4/ normalisation d’un
résultat par des mécanismes inverses
comme par exemple
insuffisance hépatique cachant un saignement ou une imprégnation hormonale
en normalisant la transferrine.
5/
enfin un dosage biologique reproductible, réalisé par un laboratoire fiable
est un élément objectif en corrélation avec une réalité actualisée ou future
( prévision) même si cette réalité est encore méconnue.
«Quand vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, même improbable, doit
être la vérité.»
Sir Arthur Conan Doyle
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